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Menus#15 : comment établir ses menus sans se prendre la tête?

Les menus, pourquoi ?
Les menus, je vous l’ai dit, répété et encore répété, c’est la base pour maitriser son budget alimentaire. Ici, si je n’ai pas le temps de faire les menus, je ne fais pas les courses : on mange des pâtes jusqu’à ce que je prenne le temps de le faire. Pourquoi ? Parce que sinon, même pour moi qui gère mon budget alimentaire depuis des mois et même des années, c’est la cata.
Les menus permettent également de maitriser son organisation. Plus de temps passé à se demander en catastrophe ce qu’on va manger ce soir à 18h alors que les enfants ont déjà faim. Plus de nourriture gâchée parce que le plat nécessitait d’être préparé en partie la veille et qu’on a pas anticipé. Un menu affiché permet de visualiser les choses, d’être plus efficace sur la préparation au jour le jour (si j’ai un truc à préparer puis faire cuire 50 minutes au four, je vais m’organiser pour revenir à l’heure à la maison et ne pas passer par la bibliothèque ou jouer dehors. Si mes menus sont bien pensés, tout cela pourra être fait le lendemain), ou même pourquoi pas, de tout préparer à l’avance et être libre tous les soirs de la semaine ! Les menus, quelle que soit l’organisation qu’on met en place derrière, permettent de sauver du temps pour soi ou pour les autres.


Les menus donc, oui ! mais quand on a pas l’habitude, ce n’est pas évident. Cela demande un peu d’imagination, un peu de rigueur, et un peu de méthode.


Les menus, à quelle fréquence ?
Bien sûr, il vous faudra trouver le rythme qui vous convient. Toutefois, je conseille plutôt de faire les menus (et les courses) une fois par semaine. Car on  est humains. Le fait de s’imposer de manger quelque chose à un moment défini déclenche automatiquement l’envie d’autre chose…. Plus l’intervalle est long entre deux courses et plus ces envies risquent de nous déstabiliser et soit repasser à la case supermarché, soit résister mais éprouver une telle frustration que le décrochage sera plus que probable à moyen terme. Par ailleurs, il n’est pas rare d’oublier quelque chose. S’en passer pendant une semaine est presque toujours jouable : au-delà c’est plus difficile, le risque augmente de retourner acheter ladite chose et donc d’être tenté d’acheter quelques trucs en plus…Je suis convaincue qu’un intervalle d’une semaine est gérable après un temps d’apprentissage, mais qu’au-delà cela demande une très (trop) grande rigueur et une très (trop) grande détermination (ce qui n’est pas (trop) mon fort).

 

Et les envies hors menu ?
Les envies hors menu, il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt : il y en a. C’est inévitable : l’envie est une caractéristique constitutive de l’être humain. Par contre la réaction émotionnelle à cette envie, est tout à fait conditionnée par la culture. En l’occurrence, la société occidentale dans laquelle nous évoluons nous serine depuis notre plus jeune âge que tout est à notre portée, ici et maintenant, que c’est trop cool de vivre dans cette modernité où tout est de suite accessible et que se démarquer de cette instantanéité, c’est rétrograde, c’est conservateur et c’est un bon retour en arrière. Les publicitaires se sont tellement bien débrouillés que l’instantanéité de la consommation, c’est mis au même rang, émotionnellement parlant, que des avancées telles que le droit de vote des femmes, la pilule, la couche jetable (ehhh oui, la couche jetable, considérée comme une avancée monumentale… bref). Un retour en arrière semble incompatible avec l’intégration à notre société.
Heureusement pour la planète et pour notre porte-monnaie, il n’en est rien : tout cela est une illusion. On peut être parfaitement adapté à la société, être comme tout le monde, et se limiter sur sa consommation (et même mettre à son enfant des couches lavables, si si !).

Dans ce contexte culturel, les menus, ça prend du temps et c’est une contrainte : quand on contraint un déroulement sur papier, on laisse de facto moins de place à la souplesse. Si vous bloquez sur les menus car vous ne voulez pas vous astreindre à quelque chose de précis, il est temps d’entamer une réflexion sur ce qui vous pousse à ressentir une telle frustration rien qu’à l’idée d’imaginer contraindre votre fonctionnement alimentaire sur 7 petits jours. Réfléchissez à l’illusion dans laquelle nous maintient la stratégie publicitaire de consommation. Le besoin que vous ressentez ne vient pas de vous mais de votre environnement culturel, il est juste créé de toute pièce. Relativisez un peu : une semaine, c’est très vite passé. Si une envie pointe le bout de son nez : notez la pour la semaine suivante. La frustration des premières semaines n’est pas insurmontable, pas du tout. A vrai dire, les semaines passent à une telle vitesse que la frustration n’émerge plus. Juste, j’ai un post-it sur mon bureau, si j’ai une envie, je la note, le fait qu’elle soit prise en compte permet à mon esprit de mettre l’envie en sommeil et l’oublier jusqu’au jeudi suivant. C’est aussi simple que ça.
 

Les menus, comment ?

Voici donc LA question. J’entends souvent, en substance et en vrac : « je suis une quiche. » « Je n’ai pas d’idées. » « C’est toujours les mêmes plats. » « Je tiens quelques temps et j’abandonne. » « Je me creuse la tête pendant des heures à chaque fois, c’est trop contraignant ».

Alors voilà la technique que je donne régulièrement pour se réconcilier avec les menus :

  1. Etablir les catégories de plats que votre famille a l’habitude de manger :
    exemple : quiches, cakes, plats en sauce, plats mijotés, papillotes, gratins, finger food, purées, tartinades, plats du monde, plats épicés, soupes, plats rapides, plats peu chers, plats élaborés…. Les catégories dépendent de vous.
  2. Etablir une trame globale de menus sur la base de ces catégories.
    exemple : lundi, gratin ou quiche. Mardi : plat en sauce. Mercredi : restes. Jeudi : finger food. Etc….
    Bien sûr, il faut adapter tout cela à votre fonctionnement. Ici les enfants mangent à l’extérieur le midi mais les adultes prennent leur gamelle, je rajoute donc une catégorie Lunch. Ici, je finis plus tard le mardi donc je sais que le mardi, il faut manger des restes.
  3.  La veille des courses, vous n’avez plus qu’à remplir vos petites cases. Magiiiiie ! 10 minutes épargnées pour faire autre chose de plus fun !
    Quelques conseils supplémentaires : soyez réaliste, ne mettez pas la barre trop haut : à bas le perfectionnisme ! Si vous n’avez pas l’habitude, commencez petit, avec des plats simples que vous avez l’habitude de manger. N’hésitez jamais à cuisiner plus pour que le plat fasse deux repas : deux fois moins de cuisine c’est deux fois plus de temps pour soi et/ou pour sa famille. On ne peut pas être superwoman, s’occuper de son travail, de sa maison, être disponible pour le mari et les enfants ET cuisiner un plat différent à chaque repas parce que « la famille aime la diversité ». Au pire rusez et transformez les restes
    Vous pouvez vous faire un petit carnet avec une catégorie de plat par page, et noter toutes les déclinaisons auxquelles vous pensez… par exemple : sous la catégorie gratin : gratin de chou-fleur, gratin dauphinois, lasagnes, gratin de pâtes/sauce poireaux/parmesan, tartiflette…. Ou encore, sous la catégorie plats du monde : fajitas, sushis, shop suey, nems, dal de lentilles, naan…Ainsi, avec la trame + le carnet, l’élaboration des menus sera plus facile, et adieu les plats qui reviennent trop souvent !
  4. Complétez avec les desserts, les gouters, les petits dèj. Là encore, à bas le perfectionnisme : ne multipliez pas le choix de desserts : votre porte-monnaie vous remerciera et votre organisation aussi. Ici il y a souvent de la compote, et je fais un dessert autre une fois par semaine (rapide, type riz ou semoule au lait, crème brulée…).

Ensuite on repart sur le processus habituel de maitrise du budget que je vous synthétise à nouveau au cas où vous l’auriez loupé :
- établissez précisément la liste de ce dont vous avez BESOIN pour votre semaine, en hésitant pas à aller vérifier dans les réserves en cas de doute, ajoutez les produits autres (entretien, cosmétique) dont vous avez besoin POUR LA SEMAINE A VENIR.
- chiffrez la liste à la louche : si elle dépasse votre budget, demandez-vous si chaque produit hors alimentation est nécessaire, s’il ne peut pas être remplacé par un équivalent moins cher ou être fait maison, et bien sûr, revenez à la case menu : y a-t-il trop de desserts ? Certaines choses ne peuvent-elles pas être faites maison (ex : pâtes à tarte, à pizza, pain) ? Un ou deux menus ne peuvent-il pas être remplacés par un menu jocker, type œuf +haricots en boite, ou pâtes sauce tomate ? La viande/poisson/jambon/lardons/fromage(s) sont-ils vraiment nécessaires à tous les repas ? Bref : revoyez les menus jusqu’à ce que votre liste rentre dans le budget. Cette étape vous semble fastidieuse ? Rassurez-vous, elle n’est que temporaire. Une fois qu’on a bien en tête le prix des choses, naturellement le cerveau fait le job et je présente à votre conscient que des plats/des combinaisons de plats qui rentrent dans votre budget. Cette étape ne sera plus consciente et ne vous demandera donc ni efforts, ni énergie, ni temps supplémentaire. Je n’ai plus jamais besoin de revoir mes menus, je suis toujours dans ma fourchette de prix, et j’ai beau faire à la louche le chiffrage, je tombe toujours juste à 2 ou 3 euros près, sans m’en rendre compte.
- allez enfin faire vos courses, sans avoir faim de préférence, ne prenez QUE ce qu’il y a sur votre liste et dans la quantité NECESSAIRE, ignorez les sirènes des promotions et des têtes de gondole, et surtout, quoi qu’il arrive : pas de compléments dans la semaine !

 

Je vous donnerai bientôt une seconde technique pour créer vos menus…. Si la question vous intéresse, restez à l’écoute ! En attendant je vous donne mes menus pour la semaine. Cette semaine est pour moi la dernière semaine de courses budgetisée sur octobre (courses le 31), j'en ai eu pour 18 euros.

Je vous donne les plats un peu en vrac : 
- soupe de courge butternut et croutons à l'ail (maison)
- crumble de légumes d'hiver : dedans il y aura : de la carotte, des champignons, du chou rouge, une pomme, 2 pommes de terre et 1/2 gros navet. bien sur, du laurier, de l'oignon, de l'ail. La sauce sera une sauce type chasseur-qui-ne-tue-personne. après bonne réduction, je mettrai la pâte à crumble par dessus (mélange de farine de soja, de purée de sésame, d'huile de coco et de noix de coco râpée). et Zou au four.
- gratin dauphinois pomme de terre/navet d'or, avec des haricots blancs et des galettes de céréales. Nul besoin d'oeuf ni de fromage dans un gratin dauphinois.... un mélange moitié crème (de soja pour moi)/moitié lait (végtal pour moi), du sel, je rajoute de la levure maltée, de l'ail en poudre, un poil de muscade. pour gratiner : de la chapelure additionnée à de l'ail, quelques copeaux d'huile de coco, le tour est joué.
Le reste est précisément des restes (dahl pois chiches, samossas cresson/coriandre, naan tandoori) et des petites choses qui étaient dans mon congèle, pour le midi.

En dessert : de la compote, et de la crème brulée végétalienne : 400 ml de lait de coco, 150 ml de crème de soja (ou d'amande..), 1 cc d'agar agar, 3 CS de sucre, de l'extrait de vanille (ou fleur d'oranger, ou...). on mixe le tout pour bien répartir uniformément l'agar agar, on porte ensuite à ébullition, on laisse cuire en tournant pendant une ou deux minutes, on verse dans les ramequins (6 pour moi). on laisse refroidir puis prendre au frigo pendant quelques heures. Au moment de servir, on saupoudre de sucre complet et on passe quelques minutes sous le grill. C'est un délice ! 

Sur ce, je vous souhaite une bonne semaine (et à bientôt pour le 2e round de la confection des menus...) !

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Loïs 27/01/2015 16:35

Très intéressant ton article, merci :)
Vraiment, je suis fan des menus, comme je l'ai déjà expliqué. Mais c'est plus galère pour l'élaboration, alors du coup je suis en train de faire la liste par type de plats, je vais essayer d'instaurer ça. Pour ma part, je cuisine énormément en plat unique, cad qui contient viande/légumes/féculents, et qui en général fait pour deux jours, comme ça j'alterne entre préparation des repas du midi et du soir. Même si certains jours je passe la moitié du temps à cuisiner, au moins les deux jours suivants, hop plus rien à faire :D
J'ai la chance d'avoir un super robot, du coup cet été j'ai préparé des pots de ratatouille en quantité (malheureusement insuffisante), et là je vais faire pareil avec la compote. C'est pratique d'avoir des réserves ! maintenant, il faut que je me mette à la confiture :)

Anej 12/12/2014 20:33

Hello!
C'est encore moi :)
Alors cette semaine j'essaye la planification du menu. Sauf que je le change tout le temps. Tous les soirs je mange ce que j'ai envie de manger selon ce qu'il y a dans le frigo, du coup je modifie mon menu: je remplace un plat un soir par un autre. Au final, ça ne change rien, puisqu'à la fin de la semaine j'aurai mangé tout ce que j'avais planifié, juste dans un ordre différent.
Mais du coup je me pose des questions quant à l'utilité REELLE de faire des menus dans le cas dans lequel je suis. C'est-à-dire que de toute façon quoi qu'il arrive je ne jette JAMAIS la nourriture (c'est mon père qui m'a transmit le côté sacré de la nourriture... même les plats mauvais on les modifie jusqu'à les trouver mangeables), je mange donc tout ce que j'achète, alors quel intérêt de planifier dans quel ordre et dans quelle recette je vais les manger?
Par ailleurs oui, j'achète certains aliments dès qu'ils commencent à manquer; les basiques, genre crème de soja, yaourt de soja, farine, chocolat, levure de bière, les trucs que j'utilise systématiquement régulièrement. En quoi cela me fait-il perdre de l'argent?
Enfin il m'arrive de profiter des promos pour acheter un produit que je n'avais pas prévu d'acheter à ce moment-là, mais que j'utiliserai évidemment. Il faut par ailleurs que ce produit soit VRAIMENT pas cher: un produit de base, non transformé, genre des conserves de légumes. Bref, un truc que j'achèterais en temps normal, mais plus cher.
Voilà, ce n'est pas une critique hein surtout, c'est parce que je voudrais comprendre.
Il me semble que tu es dans une logique d'économies à la semaine, et moi d'économies sur le long terme, c'est peut-être là la différence pour ce qui est de faire des réserves/acheter des promos, etc.
Par ailleurs tu as dis que tu jetais parfois de la nourriture auparavant, peut-être la planification des menus t'évites ce gâchis, c'est pour ça qu'elle est intéressante pour toi.
Par contre, une seule économie que je pense effectivement faire en planifiant les menus: je ne vais ainsi en courses qu'une bonne grosse fois. D'habitude j'y vais régulièrement dès qu'il manque quelque chose, et comme ça m'embête de revenir avec juste un article, j'achète des articles supplémentaires dont je n'ai pas vraiment besoin et que je vais me "forcer" à manger (je les mange quand même donc pas de gâchis, mais du coup ça m'encourage à manger davantage que je ne pourrais le faire).
Voilà! Long commentaire, j'attends tes réflexions sur le sujet ;)

schnappy 15/12/2014 21:42

Coucou Anej!
Je suis désolée pour le temps de réponse, j’ai un soucis avec mon ordinateur qui me donne envie de le balancer par la fenêtre au bout de 6 minutes, délai qu’il faut à un malware que je n’arrive pas à déloger pour se réinstaller et m’inonder de pubs qui ralentissent absolument toutes les applications… oO
Pour ce qui est de ta question, je la comprends car j’en suis aussi passée par là.
En fait le premier élément à prendre en compte, c’est le besoin. Je pense que si on avait pas eu à un moment une très forte contrainte budgétaire, on ne se serait pas engagés dans cette voie.
Néanmoins maintenant, quelle que soit mon aisance financière, je ne reviendrais pas en arrière. Ton fonctionnement , qui a donc été le mien, m’a permis de faire un premier pallier d’économies. Mais quand il a vraiment fallu fonctionner au minimum, la solution la plus efficace, vraiment, en dehors de toute question de gaspillage, ça a été de ne pas faire de stock (enfin plus exactement pas plus de stock que le conditionnement d’un seul paquet du commerce du produit en question n’entraine). Acheter que ce dont on a besoin, au moment où on en a besoin, dans la quantité la plus proche du besoin. Et ça ça n’est possible qu’en planifiant. Très honnêtement, au début ça enlève l’impression de liberté qu’on a envie d’avoir tous, plus ou moins. Mais très vite ça s’estompe car si une envie survient, je la note pour la semaine suivante, tout bêtement, ça n’est vraiment pas la mer à boire. Ce système n’est pas non plus hyper rigide puisque l’improvisation n’a pas du tout été bannie de notre quotidien, simplement on improvise avec ce que l’on a. Et bizarrement je n’ai jamais manqué d’un ingrédient au point de courir en acheter, puisque j’ai appris à remplacer presque chaque ingrédient que j’utilise au quotidien.
Donc je dirais que l’utilité réelle des menus, la première, c’est le gain financier, qui est indéniable, d'autant plus si on suit tout le processus (se fixer un budget, faire des menus, faire une liste de course, chiffrer cette liste, retravailler les menus jusqu’à ce que ça rentre dans le budget, s’en tenir strictement à sa liste et ne pas retourner au supermarché entre temps). Ça parait contraignant, en fait ça ne l’est pas car au bout de quelques semaines le processus devient en grande partie inconscient.

Ensuite bien sur il y a le temps que ça permet de sauver pour soi et pour sa famille, planifier c’est se donner la possibilité d’anticiper, de placer les moments où on fait la cuisine sur des temps morts, et garder les moments familiaux pour être ensemble.

Enfin planifier les choses (avec une marge pour l’imprévu, on est bien d’accord), c’est se simplifier la vie. C’est une chose de moins à penser quotidiennement, ça permet de moins mobiliser de ressources attentionnelles et d’être plus attentive à autre chose. Et puis, le fait de raisonner sa consommation et ne consommer que ce que l’on a besoin, c’est vraiment important pour moi qui suis engagée dans un processus de simplicité volontaire. La simplicité volontaire, en tant que démarche globale, en tant que philosophie de vie, c’est comme je viens de le dire, une manière de simplifier sa vie, son quotidien, de gérer son stress et son bonheur, c’est aussi une façon d’agir sur l’environnement puisque moins consommer, c’est moins polluer, c’est produire moins de déchets. C’est aussi une forme de protestation contre cette société moderne, c’est une valeur que j’aimerais bien transmettre à mes enfants. Ce sont les générations futures qui, parce que NOUS n’avons pas eu envie de se freiner un peu maintenant alors que ce choix s’offre à nous, ces générations futures donc, n’auront pas d’autre choix que d’opérer des coupes drastiques dans leur consommation quand les ressources viendront à manquer pour les pays développés. Parce que quand nos envies et notre confort auront fini de piller et d’épuiser les ressources des pays du quart monde, c’est à notre manque de ressources propres que nous allons être confrontés. Le respect de l’environnement, ainsi que des êtres humains qui travaillent dur pour fabriquer nos objets de consommation, alimentaires ou pas, fait partie des choses que je souhaite transmettre à mes enfants. Nous essayons de consommer autrement, d’une manière plus éco-friendly. Bien sûr nous restons ancré dans cette société et de fait nous consommons quand même : pour ces objets dont nous ne savons/pouvons pas nous passer, j’essaye d’apprendre à mes enfants à respecter ces objets et respecter les personnes qui les ont fabriqués, ainsi que l’écosystème que cet objet a malmené. Tout ça pour apprendre à consommer certes, mais raisonnablement.
Comme tu vois, les raisons pour faire les menus sont diverses…. Et impliquent parfois une réflexion qui va bien au-delà de nos besoins alimentaires. Mais la base à mon avis, enfin pour nous ça a été ça, c’est l’immense coup de pied aux fesses qu’on s’est pris quand les priorités budgétaires se sont trouvées chamboulées et qu’il a fallu manger aussi bien avec 2 à 3 fois moins. Sans cette motivation, je n’en serais pas là de mes réflexions, je pense que c’est certain. Comme c’est un peu violent comme levier, je vous fais profiter de mes propres réflexions sans que vous n’ayiez à vous confronter à cette réalité, mais peut être que, sans une motivation de base qui nous pousse vraiment à l’action, il est plus difficile de transformer cette philosophie en actes concrets et engagés ?