Un geste zéro déchet supplémentaire #2 : zéro déchet au boulot

Publié le par Linette_sortezdevosconapts

Je ne sais pas vous mais moi, j'aime bien observer le comportement éconologique des gens quand ils ne sont pas chez eux; et donc, quand ils sont au boulot. La plupart du temps, c’est d’ailleurs très révélateur du degré de conscience écologique et citoyenne de notre société d’une manière générale. 

Aucune critique de ma part... D'une, notre famille est très loin d'être irréprochable, et de deux, je n'oublie pas d'où je viens, que l'éveil se fait progressivement et que même si je mesure le chemin parcouru, j'ai conscience de celui qui reste à arpenter.

Alors au boulot donc, j'ai pu constater qu'il y avait plusieurs types de réactions... réaction que j'ai donc moi même pu vivre.

  • Tout d'abord, il y a ceux qui n’ont aucune conscience écologique et qui le revendiquent presque. Oui oui je suis passée par là aussi, comme quoi rien n’est jamais perdu. Cela se passe de commentaire, pas de tri, pas de gestes basiques mais aussi un rapport à l'environnement complètement biaisé et un discours du type : cela ne sert à rien de faire des efforts sur ci ou ça, de toute façon tout est pollué etc etc.

 

  • Il y a aussi ceux qui se sentent écolo chez eux, mais que chez eux. En générale, ce sont des personnes qui appliquent (parfois) les 3 gestes écologiques de base à la maison (j'ai nommé : fermer le robinet quand on se brosse les dents, fermer la lumière derrière soi, et trier grosso modo les déchets de manière très basique)  mais qui, au boulot, laissent couler l’eau, laissent la lumière allumée, voire les ordi allumés 24/24, utilisent des gobelets plastiques neufs 4 fois par jour, ouvrent les fenêtres alors que le chauffage tourne, et caetera, et caetera. Je me rappelle quand c'était mon cas, que l’écologie était guidée par mon porte monnaie, et tant que ce n’etait pas mes sous propres qui payaient ces largesses, je ne m’en préoccupais pas. Je me sentais également noyée dans l'océan de consommation de mon entreprise, considérant que les gestes que je pourrais faire seraient insignifiants.

 

  • Et puis bien sûr, il y a ceux qui font attention au boulot au même titre que chez eux, car ils sont conscients que le problème environnemental est global et que freiner les effets dévastateurs de notre modernité ne pourra se faire qu’au prix de petits gestes quotidiens réalisés par tous et en toutes occasions ; que les entreprises sont de gros consommateurs et pollueurs, mais que ces entreprises sont composées de centaines de salariés, EUX, qui contribuent largement au degré de pollution de leur entreprise. Si la majorité des salariés étaient éco-citoyens, cela limiterait l'impact environnemental des sociétés, c'est pour moi une certitude.

 

  • Enfin, l'étape finale de la mutation, c'est de faire des gestes écolos "gratuits" pour améliorer l'impact de l'entreprise, hors stratégie de développement durable, d'initiative personnelle, sans forcément en rendre compte, juste parce que c'est pour la planète

 

Il se trouve que j’ai de la chance, car mon entreprise n’est pas insensible à l’écologie et dispose d’une ligne politique en la matière. J'ai d'ailleurs de travailler, entre autre, pour le conseiller stratégique développement durable, ce qui est plutôt chouette.
Dans mon boulot, des actions de sensibilisation auprès des personnels, mais aussi des actions concrètes sont menées : parc automobile électrique ou hybride, consignes claires et points de collecte concernant les divers recyclages, réutilisation du papier et des fournitures, rationnalisation des commandes de fournitures, actions concrètes pour inciter fortement à la réduction de consommation de papier (qui a grâce à cela, il me semble, baissé d'un tiers depuis 2012)… J’en oublie surement. J'ai de la chance, car même si on a encore bien des efforts à fournir, toutes les entreprises n'en sont pas là.

A côté des actions concertées et incluses dans une stratégie de développement durable, à côté donc, de ce que fait l'entreprise pour atténuer son empreinte, que peuvent donc faire les individus qui la composent?

Un geste zéro déchet supplémentaire #2 : zéro déchet au boulot

Une première chose que je pratique très régulièrement, c'est le lunch zéro déchet. A titre personnel, je suis engagée dans cette démarche de réduction de mes déchets, et je me vois mal ramener ces déchets que j'essaye d'éliminer dans des poubelles qui ne sont pas les miennes, mon objectif n'étant pas de réduire le poids de mes propres poubelles domestiques, mais bien le poids des déchets que je produis dans leur globalité

Voici un exemple de zérowastelunch : un sandwich maison, emballé dans du tissus ciré/enduit ou dans un torchon, et une salade en bocal. Rapide à préparer, aucun déchet, pas de plastique, d'alu ni de cellulose, rien ne part à la poubelle, pas même au recyclageJe le fais 2 fois par semaine, quand je vais courir le midi. Le reste de la semaine, j'amène ma gamelle et là le zéro déchet est plus variable : pour les repas qui entrent dans ma boite en verre, aucun soucis. Pour ceux en revanche (part de tarte ou de pizza) qui n'y rentrent pas, je les mets dans une assiette chez moi, mais... je la recouvre de cellophane... les micro-ondes sont sur-utilisés et au final pas toujours très propres puisque même si la plupart des gens sont respectueux, ce n'est pas le cas de tous. Enfin bref, ce cas de figure m'ennuie et je suis en quête d'une solution pour manger chaud ET zéro déchet.

Enfin, dernier réflexe, soufflé par Cécile en commentaire du précédent article zéro déchet : ne pas jeter ses petits reste à la poubelle mais le ramener à la maison pour le composter !
 

Un geste zéro déchet supplémentaire #2 : zéro déchet au boulot

La seconde chose que je fais actuellement (sans que cela soit lié à un quelquonque objectif professionnel), c'est de combattre le spam papier en tout genre. Fax, prospectus, catalogues, nous sommes littéralement envahis d’objets qui finissent à la poubelle, pas ou peu triés. Ce sont des déchets, à incinérer, ou à recycler, ce qui est coûteux en énergie et provoque de la pollution, c'est également une production en elle même polluante, avec un acheminement qui ne l'est pas moins. Mon objectif est le suivant : limiter autant que possible ce gâchis et ces déchets en demandant, expéditeur par expéditeur, de nous supprimer de leur liste de diffusion. Bien évidemment, je parle là des prospectus et catalogues que nous recevons par caisses entières, adressés à des employés fantômes où qui ont depuis bien longtemps changé de service, et dont personne ne fait jamais rien, rien d'autre que de les jeter.

Depuis que j'ai initié cette démarche j'ai été surprise de plusieurs choses : 
de la simplicité enfantine autant que déconcertant de se désabonner de ces listes : un coup de fil, au pire un email, suffisent. 
de l'engouement de certains de mes collègues pour cette démarche, car ils étaient agacés et envahis par toutes ces sollicitations inopportunes. 

Finalement c'était tellement simple... alors pourquoi cela n'avait jamais été fait ? 
Plusieurs pistes de réflexion sans pouvoir apporter LA réponse finale : est-ce parce que personne n'avait pensé cela possible? Ou parce que ce spam-papier est vécu comme une fatalité, et surtout, parce que nous (yes, included me) avons pensé, chacun de notre côté, que ça n'était pas à nous de faire cela, que ce n'était pas de notre ressort, mais de celui de "quelqu'un d'autre" sans pouvoir déterminer qui  (le vaguemestre? le directeur? "celui" qui a demandé à recevoir ces catalogues,si tant est qu"'il" existe ou qu"'il" travaille encore dans l'entreprise)?
Quoi qu'il en soit, personne n'a jamais rien fait pour cela, chacun de nous se sentant impuissant tout autant qu'étranger face à cette problématique.


Cela ne vous rappelle pas quelque chose, ce schéma? Quand je vous disais que le microcosme de l'entreprise reflétait la position contemporaine de notre société face à la société de consommation et également face à la problématique environnementale.... On constate des soucis, on les déplore, cela peut même angoisser, mais.... on se dit que ce n'est pas à notre niveau que les choses se jouent.

Or, si. 

Alors bien sûr, mon exemple dans un microcosme qu'est une entreprise n'est qu'une figure de style qui vient se perdre dans l'immensité de l'échelle de la société. Mais je maintiens que si, à l'échelle individuelle on dispose quand même de moyens d'action, que ce soit dans un micro ou un marcrocosme.
Nous, les consommateurs, sommes la clé. Je l'ai déjà écrit ici, c'est parce que les consommateurs demandent que les industries offrent, produisent, et polluent. Nous, les consommateurs éveillés, nous avons une carte à jouer, une carte d'éducation (de nos enfants), d'information (de nos proches), pour montrer que oui, c'est possible de consommer raisonnablement, de réduire notre emprunte écologique, sans pour autant perdre du confort ou sans pour autant sortir de la société moderne
C'est pourquoi j'aime beaucoup ce que véhicule Béa Johnson
volontairement ou involontairement, par l'image qu'elle renvoie. Elle est habillée class, à la mode, pourtant sa garde-robe est minimaliste à tel point qu'elle rentre dans son intégralité dans un bagage à main. Son intérieur est certes sobre mais moderne et contemporain, parfaitement intégré dans notre société. Sans la connaitre, personne ne pourrait deviner que le résultat de ses actions l'amène à ne produire qu'un unique litre de déchets non recyclable par an. Or si elle ne le porte pas sur elle, le but n'est pourtant pas de s'en cacher... et quoi qu'il en soit, par son  image elle véhicule le message que réduire son emprunte écologique et réduire sa consommation ne conduit pas, comme on peut souvent l'entendre, à vivre dans une grotte
 

C'est sur ces quelques considérations que je vous laisse, frustrée de n'avoir pas pu retrouver la figure de style que j'évoquais plus haut. Mes souvenirs de lycée commencent à dater, à l'évidence, hum. J'envoie un Tawashi au premier qui me donne la réponse en commentaire !

 

Et vous, quelle action faites vous au boulot, sans le dire, sans être payé pour,
juste par éco-conscience?

Publié dans zéro déchet

Commenter cet article

Delphine L 17/02/2015 16:29

Oh comme il me parle cet article !!! Dans les actions "gratuites", j'éteins les lumières, ferme les robinets qui coulent, mets la photocopieuse en veille et rappelle aux collègues qu'il faut rabattre le couvercle pour qu'elle passe en veille, ai mis une affiche dans les toilettes quand j'ai éteint la lumière plusieurs fois par jour pour d'autres pendant une semaine...
Pour ton problème de repas zéro déchet, j'ai investi il y a quelque temps dans quelques boîtes en verre avec couvercle hermétique en prenant des tailles qui correspondaient à ce que je mange : j'en ai donc un pour les parts de tartes (sinon je les coupent). Pour les restes à composter, je fais ça aussi, ça m'énervais de jeter au travail ce que je ne jetais pas chez moi...
Ceci dit, dans une optique zéro déchet, il serait plus efficace de ramener au boulot les déchets de chez soi : le volume de notre poubelle diminuerait bien :D ok je sors :)

Delphine L. 01/03/2015 22:47

Il ne faut pas le mettre au micro-onde, d'une part parce qu'effectivement le plastique chauffé, pas glop, et d'autre part c'est déconseillé par le fabricant à cause du joint qui s'abime... Pas de cloche à micro-onde ? sinon, courage : tu ne mets rien, et tu passe un coup d'éponge après avoir utilisé le micro-onde... ou encore, tu amène une assiette au bureau que tu utilise en couvercle... ?

Linette_sortezdevosconapts 17/02/2015 17:06

loool des fois pour les gros cartons je suis bien tentée :p
oui du coup j'ai commencé à m'équiper de boites en verre plus adaptées question dimension. MAIS nouveau problème, le couvercle est en plastique et je le passe au micro ondes.... le tandem plastique et micro ondes, même si c'est soit disant fait pour, me dérange un peu....

julie 17/02/2015 13:49

tu pensais à la parabole ? ou à la mise en abyme peut être ?

Linette_sortezdevosconapts 17/02/2015 13:59

oui... ! ou même une combinaison des deux, c'est possible?

sarah 17/02/2015 10:10

J'ai bien aimé ton article, surtout la description des gens...ah ah je connais tellement ceux qui font les gestes chez eux mais pas à l'extérieur;
Je me suis reconnu avant dans le coup du : oui mais ça ne changera rien...c'est pas mes gestes qui vont changer les choses,...le tout en jetant trois tonnes de papier aluminium, etc..

Maintenant je prends une gourde d'eau et j'ai une boite pour mon lunch. Tous les lundis je fais mon menu de la semaine en salade et je cuisine pendant une heure toutes mes salades pour la semaine. Je prend ainsi une boite par jour. Par contre je prends souvent un dessert (fruit ou yaourt) du coup ça je jette sur place. Maintenant que tu le dis, je mettrais bien mes épluchures dans ma boite et les mettre dans notre vermicomposteur à la maison plutôt qu'à la poubelle de la cantine.

Un truc qui me révolte c'est que je suis à l'université et je mange à la cantine de l'hôpital (université de médecine intégré à l'hôpital) et là pas de tri de base! même pas une poubelle bleu pour les PMC...c'est une honte! tous va dans la même poubelle! je trouve que c'est quand même le minimum! et va-y qu'il y a des gobelets en plastique au self mais pas en verre, des couverts en plastiques, etc! je trouve ça grave surtout vu le nombre de gens qui viennent manger là à midi!

Linette_sortezdevosconapts 24/02/2015 08:28

Merci Sarah, je suis très heureuse d'avoir été contagieuse :)

sarah 23/02/2015 19:12

ton article m'a donné à réfléchir. Maintenant je reprends les déchets compostables dans ma boite du midi et je les mets dans mon lombricomposteur.

Et aussi j'ai eu envie d'agir un minimum pour sensibiliser les gens de mon auditoire, donc j'ai réaliser des petites affiches que j'ai collé à plusieurs endroits stratégiques pour rappeler aux étudiants qu'une gourde c'est plus responsable, écologique et économiques que des gobelets en plastiques et des bouteilles d'eau.

Je ne sais pas si ça portera ces fruits mais j'avais besoin d'agir un peu à mon échelle :-) merci c'est grâce à toi!

Linette_sortezdevosconapts 17/02/2015 16:35

c'est vraiment triste sarah ce qui se passe dans le self de l'hopital ! ici la nourriture est infecte (hum) et la cantine de composte pas les restes mais au moins la vaisselle est en dur !