La boite à outil du défi de Février, partie 1 : analyser son budget

Publié le par Linette_sortezdevosconapts

Comme vous le savez (ou pas) avec Madame Salade alias Mary Dee, on co-administre un groupe de gestion budgétaire. Un groupe un peu spécial, et je dois dire, assez unique en son genre, car vous ne trouverez aucune apologie des promotions, des 3 pour 2 et autres "bons plans" habituels destinés à vous donner l'illusion de faire des économies. Non, nous, on essaye d'apprendre une gestion simple, saine, bonne pour la planète, bonne pour la santé, écologique et minimaliste.

Le tout dans la bienveillance et le pipi de licorne.

Le mois de janvier s'achève et le défi "maitriser son budget alimentaire" aussi. Le bilan est assez incroyable pour celles et ceux qui l'ont suivi, et l'intérêt suscité par ce défi l'est tout autant : ce mois-ci, mes stats affichent près de 10 000 visiteurs uniques, et près de 19 000 pages vues. Les stats sont tabou dans le monde des blogueurs si bien que je ne saurais dire ce que ça représente dans l'absolu, mais bon moi ces chiffres me font écarquiller les yeux tout grand.

Bien évidemment, le défi s'arrête pour le moment sur le groupe, mais doit perdurer dans vos vies ! Et pour ceux qui seraient arrivés trop tard, il est toujours temps de le mettre en place, vous pouvez aussi poser toutes vos questions sur le groupe, où il y aura bien évidemment des sessions de ratrappage.

Pour février, on va s'attaquer à la gestion budgétaire, mais d'une façon bien plus globale : il va s'agir d'apprendre à analyser, construire et suivre son budget. Je ne suis pas comptable, mais je me base sur ma propre expérience et également sur mon job, qui m'a amené à apprendre à construire et suivre le budget d'un service (et j'ai pu voir comment ça se passait également pour la globalité du budget de l'établissement).

La boite à outil du défi de Février, partie 1 : analyser son budget

Aujourd'hui, je vais vous parler du premier pas qui est également le plus important : arrêter de faire l'autruche et analyser ses dépenses et recettes.

Prendre ses relevés des 5 derniers mois
et les éplucher méthodiquement

  • Relever les entrées d'argent : salaires, aides, allocations, pensions.
  • Relever ce qui revient tous les mois, ce sont les charges fixes.
  • Pointer le reste et le ranger par catégorie, mois par mois : toute dépense doit être catégorisée. Alimentation/supermarchés, essence, loisirs, restau/junk food, cadeaux, frais médicaux…. Le mieux étant l'ennemi du bien, je vous conseille de limiter le nombre de catégories, mais cependant, n'hésitez pas à en rajouter si elles sont pertinentes pour vous (par ex, travaux si vous êtes en plein travaux).

Si vous n'avez pas l'habitude de suivre votre budget, vous aurez probablement une très contrariante catégorie "dépense non identifiée", mais peu importe, elle ne doit pas vous empêcher de réaliser cet exercice. Elle sera au contraire à prendre comme le symptôme révélateur d'une nécessité de changer, comme un moteur et non comme une source de culpabilité. Prenez la comme un indicateur de votre marge de progression, et croyez moi, avoir de la marge, c'est plutôt positif quand on entame un changement dans sa vie, parce que ce la veut souvent dire qu'une bonne part des progrès se feront rapidement, par des choses simples à mettre en place.
Positivez, donc, ne vous laissez pas démoraliser par votre analyse ! Elle sera votre tremplin, pas votre boulet.

Regarder en face ce qui ressort de l’analyse

Ce qui est à travailler vous sautera de suite aux yeux. Dans notre famille, c’était le poste restau/junk food , ainsi que… mes dépenses personnelles. Eh oui, entre les loisirs créatifs, les envies subites de fringues, les « besoins » en cosmétiques, BREF no comment.

Je dirais que la majorité d'entre vous se situera dans l'un des deux cas de figure suivants, voire un mix des deux :

  • Soit vous allez découvrir que le poste hors charges et essence est énorme. Dans ce cas, il faudra travailler, si vous ne l'avez pas encore fait, sur l'alimentation, mais surtout, sur votre manière de consommer. Souvent, quand on en arrive à se poser la question "Merde, mais où passe mon argent? Vu le montant qui reste on devrait pouvoir s'en sortir !", c'est que l'on concomme au delà de ce que l'on gagne. C'est que notre représentation du bonheur, de la vie moderne, du confort, n'est pas réaliste par rapport à ce que nos revenus nous permettent. Et souvent, premier réflexe : on incrimine les charges (ou le salaire trop petit. ou les deux). Les charges, la plupart du temps, peuvent être optimisées certes, mais les charges sont les charges, elles sont le prix de notre société moderne, tout comme le salaire, il faut les accepter, c'est la base pour avancer vers une gestion saine de son budget. On peut passer sa vie à pester que l'on a trop de charges, et dépenser comme on veut ailleurs parce que "merde je bosse pas pour me priver", et courir et stresser pour honorer ses factures, avoir l'impression de touours se priver quand même et ne jamais pouvoir épargner, être vulnérable à la première tuile (c'est du vécu). Ou on peut accepter les charges - une fois optimisées - incompressibles et réfléchir sur le reste.
  • Soit vous allez vous apercevoir que vous êtes déjà à zéro voire même en déficit rien qu'avec les charges, que vos charges suffisent à elles seules à annuler vos entrées d'argent dans leur globalité. Dès lors votre priorité sera d'axer vos efforts sur ces charges, voir ce qui est nécessaire et ce qui peut être baissé ou même enlevé, prendre des rendez-vous avec des assistantes sociales pour faire le point sur vos aides, et explorer également les réseaux d'entraide, de réparation (repair café), de nourritures gratuite (incroyables comestibles, glanage, freeganisme, potager, jardins partagés)

Voilà pour cette première partie. Dans la prochaine partie, qui arrivera très bientôt, nous apprendrons à construire un budget, c'est à dire évaluer toutes les dépenses, postes par postes, sur l'année, les anticiper ou les lisser, à équilibrer les dépenses et les recettes.
Et dans une dernière partie, je vous proposerai un outil pour suivre vos dépenses de manière très efficace.

Mais avant de vous laisser, je voudrais revenir sur l'importance d'accepter son niveau de vie... même s'il vous semble (ou est objectivement) petit. Je m'adresse là particulièrement à ceux qui font partie de la "classe moyenne", car je sais que la problématique de ceux appartenant aux classes les plus défavorisées est fort différente.
On peut faire de belles choses avec un petit budget, car la simplicité est un trésor. Envier le voisin ou pester contre la société qui ne vous permet pas d'avoir tout ce que vous souhaitez sans vous endetter de milles façons, c'est un frein dans votre épanouissement, car il y aura toujours plus riche et plus consumériste que vous. Se contenter de ce qu'on a c'est souvent la manière de se recentrer sur l'essentiel : les gens qui vous aiment, en particulier.

Il y a 2 ans et demi, mister sortez de vos conapts s'est fait arrêter (par son médecin, lol, pas par la police!). Cela faisait des mois que je l'emmerdais pour qu'il aille chez le médecin. il dépérissait à vue d'oeil "mais si je m'arrête, comment allez vous vivre? c'est moi qui assure la plus grosse entrée financière". Bonjour la pression sur ses épaules.... Travail plus de 50 heures la semaine,  management tyrannique, il ne nous voyait plus. Le jour où il s'est vraiment demandé sérieusement, , au volant de sa voiture, ne voyant plus d'issue à sa situation, s'il ne ferait pas mieux de se mettre dans le décor... il s'est arrêté sur le bas côté, et il a appelé son médecin. S'en est suivi un arrêt, prolongé de nombreuses fois, puis transformé en arrêt longue maladie.
Il a mis 2 ans à remonter la difficile pente du burn out, deux très longues années, et à l'heure actuelle ce n'est toujours pas derrière lui. Mais la raison profonde, ce n'étaient pas les 50 heures même si c'est inhumain, ce n'était pas le management tyrannique et le harcèlement même si c'était très grave. La racine, qui l'avait poussé à accepter ces conditions inacceptables, c'était sa conception du bonheur dans l'argent et la consommation...qui ne peut être qu'une course épuisante et sans fin. Et cette idée fausse a bien failli nous priver de notre plus grand bonheur à nous : lui.
Depuis, il a lu, en particulier le bouquin de Mylondo "ne pas perdre sa vie à la gagner".

Cela a mis un coup d'arrêt à sa quete de l'argent-consommation-bonheur. Le bonheur ne se consomme pas : il se vit. Des êtres chers, un toit, de quoi manger. des sourires. il a recommencé à voir sa famille. Les premiers pas de sa fille. Le caractère de cochon de son fils, qu'il aborde avec beaucoup de tendresse. Les histoires avant de dormir. Etc etc. Pour lui il ne sera plus jamais envisageable d'hypothéquer sa famille pour une illusion culturelle moderne.

Alors oui, on ne sera jamais riches. D'ailleurs d'un commun accord, on a décidé qu'il ne reprendrait pas un travail de niveau de salaire équivalent, mais nettement moins élevé. Gagner (beaucoup) moins, mais vivre (beaucoup) plus. Parce que voyez vous, quand on travaille beaucoup, on a pas le temps. Pas le temps de cuisiner, de bricoler, de cultiver. On a à peine le temps d'aimer et de s'aimer ! Et tout ce qu'on a pas le temps de faire, se paye. Moins on a le temps, plus on doit payer, et plus on doit gagner d'argent, et moins en a de temps.... C'est un cercle vicieux.
Quand on s'autorise à tavailler moins, on apprend à vivre. On apprend à bricoler, à cultiver, à faire soi même. on a besoin donc de moins dépenser. On a besoin de moins d'argent. On a besoin de moins travailler. Et franchement, on a beau avoir réduit notre niveau de vie et dépenser bien moins, on est pas du tout nostalgiques de notre situation précédente. On a une qualité de vie bien supérieure. On sait se servir de nos mains, et notre vie a un sens, bien plus profond que celui de l'utilité social du travail (quel que soit le travail, il faut travailler pour ne pas être un boulet de la société).

Personnellement je travaille toujours à temps plein, parce que nous avons quand meme des contraintes financières. Mais nos valeurs se sont déplacées. vers l'entraide, vers le bénévolat, vers des choses simples et gratuites. Et bonne nouvelle, il y en a plein, pour peu qu'on sache où chercher.


Quand, au cours de cette première étape dans la maitrise de votre budget, vous évaluerez globalement votre niveau de vie, please, diversifiez vos critères et vos indicateurs. Dans niveau de vie, il y a Vie. L'essentiel dans la vie, c'est le bonheur, le contact humain, les rires et la fierté d'accomplir ce en quoi l'on croit. A partir de là, je vous promets qu'on peut vivre (et non survivre) avec beaucoup moins que vous ne le croyez. Nos revenus ont baissé, mais notre niveau de vie s'est amélioré. Car alors qu'il était socialement plus "élevé", en fait de vie, c'était de la survie.

La boite à outil du défi de Février, partie 1 : analyser son budget

Alors, qu'est ce qui ressort de votre analyse?
Paré(e)s pour le deuxième round?
A vos stylos !

Vous avez envie de participer à un super chouette projet citoyen?
Vous avez envie de semer de petites graines à votre niveau?
Je vous invite à regarder par ici....


 

Publié dans consommation, éconologie

Commenter cet article

lebel sylviane 21/08/2017 13:24

merci beaucoup pour cet article, je vais tout bien lire et mettre en pratique très rapidement, car ça suffit, j'en ai marre de ne pas pouvoir mettre de l'argent de coté, de ne pas finir les fins de mois sans être angoissée de la facture qui va tomber, de ce que je vais donner à manger à ma famille
et chaque mois ça recommence, je sais que je ne suis pas quelqu'un qui sait gérer son budget mais je suis persuadée que je peux y arriver alors merci de votre aide
bises

Lala 02/06/2017 14:28

Bonjour, ça fait plus d'un an que j'ai pris conscience qu'il fallait changer quelque chose. tout comme vous, j'avais, j'ai toujours l'impression de me priver tout le temps. En début du mois, j'ai toutes les résolutions du monde, je compte, je compte, je compte jusqu'à virer à l'obsessionnel. Et à un moment tout s'écroule, je ne fais plus l'effort de compter quand il faut, grisée par le fait de pouvoir dépenser que j'interprète comme l'expression d'une liberté et d'une indépendance vis-à-vis des gens. et c la cata.. J'essaie de m'extraire de ce cercle vicieux dans lequel je baigne depuis 10 ans et même si la guérison est encore loin, je suis contente d'en être arrivée là où je suis. Dans mon cas perso, de formation comptable, ma relation avec l'argent est dominée par une mauvaise perception des choses. Je suis contente d'être tombée sur votre blog et sur tant d'autres, c'est comme faire une thérapie. de plus vous écrivez tellement bien et en toute simplicité, l'humour en sus. bonne continuation dans toutes vos aventures et merci merci merci

Lilasrose 26/02/2017 20:58

Pour moi étabir un budget précis, la tâche est immense et me donne le tournis, et je navigue "à vue" très mal d'ailleurs...Par où commencer ? comment ? en combien de temps ?

Linette_sortezdevosconapts 26/02/2017 21:30

par ce qui est écrit dans cet article ;)
c'est à dire, reprendre les dépenses sur les relevés et les catégoriser, pour bien visualiser ton fonctionnement.
il y a d'autres articles ensuite pour te guider !
pour le combien de temps, ça dépend des gens, tout dépend de ton fonctionnement et de l'état de tes finances... et aussi, de ton rapport à la consommation. mais bonne nouvelle, tout ça évolue, et souvent ça évolue bien plus vite qu'on ne le penserait au départ.

courage <3

Lowkita 26/02/2017 17:43

Cet article est juste génial, vrai et tellement bien écrit.
Au-delà du fait que je vais plonger dans mes compter pour faire cette fameuse analyse, je suis reboostée vers le minimalisme. Je l'ai perdu en retravaillant, en replongeant donc dans cette société de tentation et de consommation, et en gagnant plus... j'ai sûrement dépensé plus.
Verdict dans quelques quart d'heure !

Linette_sortezdevosconapts 26/02/2017 17:54

Merci :)

La gourmandise de Violette 17/02/2017 15:06

voilà ce que je rabache chaque moi à mon fils, lui faire comprendre que même s'il gagne plus, il dépensera plus et ne sera jamais plus heureux, son bonheur il le conçoit dans la sur consommation, dans le ressemblance aux autres, l'image que la société lui renvoie. chaque mois se ressemble, comment le terminer sans être trop dans le rouge....Chaque mois, c'est le conflit, la prise de tête, il me dit que je suis radine, non je fais attention, je ne gaspille pas et je suis heureuse, je vais lui faire lire votre article , merci !

Cat 16/02/2017 22:54

Votre témoignage est tellement vrai ! Consommer, toujours consommer, ne travailler que pour posséder, ne pas vivre vraiment, avoir l'impression de vivre mais ne pas être heureux et se sentir prisonnier d'un système où si l'on ne consomme pas, on ne part pas en vacances, on n'achète pas le dernier téléphone , la belle voiture alors, on ne profite pas . Voilà ce que pense beaucoup de gens, aveuglés par la société de consommation. Le bonheur est ailleurs, pas dans cette façon de vivre. Je suis tt à fait d'accord avec vous!

Linette_sortezdevosconapts 17/02/2017 08:32

merci :)

Pascale 01/02/2017 15:45

Merci pour votre géniale initiative ! Merci aussi pour ce beau témoignage de vie qui remet les choses à leurs places. Je suis super contente de faire partie du groupe, de pouvoir réfléchir et repenser ma façon de vivre et de consommer. Défi janvier déjà étonnant même si peut mieux faire et super motivée pour février qui démarre !

Cécile 01/02/2016 15:48

Très bel article, merci :)

Virginie 01/02/2016 12:52

tu écris vraiment bien, et ton récit avec ton mari m'a beaucoup touchée car c'est ce que j'apprends à mon mari qui m'a dit il n'y a pas longtemps "mais si on ne part pas là bas, je ne pourrais plus évoluer..." et bien je lui ai dit qu'il n'y avait pas que le travail dans la vie ! et si un jour il continue je lui ferais lire ce livre. Je trouve vraiment que tu trouves les bons mots à chaque fois ! bravo

YaL 01/02/2016 10:44

Bonjour,
J'apprécie toujours autant la lecture de tes articles et de la masse d'idée qu'il y a! Toujours bravo et merci pour ce travail et ce temps consacré.
Je voulais juste dire que malgré tout mon esprit critique tends à se méfier de quelques "dommages collatéraux" que peuvent avoir certaines idées. (Utilisées à mauvais escients par certains - dont je crois nous ne partageons pas les idées).
- Le discours sur la simplicité volontaire : j'y adhère totalement au premier abord. Mais en y réfléchissant, il est aussi une arme contre les plus pauvres. (c'est pour ça qu'il est totalement encouragé par la droite/les plus riches). N'y a t'il pas un revers culpabilisant ? "Oh lala vous vous plaignez de ne rien avoir alors qu'on peut être heureux avec rien du tout ! et l'argent ça fait pas le bonheur. Cessez de raler ! " (Je sais que ce n'est pas ton discours du tout! Je souhaite juste pointer les problèmes de ce discours, souvent porté par les plus riches). C'est facile "de savoir se contenter de peu" quand on a beaucoup et qu'on sait qu'on "peut" avoir. C'est aussi un bon moyen d'éteindre toute étincelle d'indignation (voir de révolte) face à une répartition des richesses odieuses.

- Sur la restriction du budget alimentaire aussi, j'y vois un double tranchant dangereux parfois. Se nourrir est la seule chose que l'on fait tous les jours, 3 fois par jour : nos choix en ce qui concerne l'alimentation ont des impacts colossaux, sur les autres humains, sur les autres terriens, sur l'environnement, sur notre santé etc. Je pense qu'il faut aussi faire attention à ne pas étouffer ce budget parce que l'alimentation a toujours un prix, (sans dire qu'il faut dépenser des 100 et des 1000) mais que l'étouffer trop peut conduire à des mauvais choix. (ne pas acheter bio, par exemple. Ou acheter des produits animaux (lait, yaourts) parce qu'ils paraissent moins cher sur notre ticket de caisse alors qu'il y a une externalité des coûts énorme - et que nos impôts d'ailleurs financent cette industrie totalement sous perfusion et fausse donc le prix direct en magasin). Se nourrir a tout de même un prix et très souvent si on ne le paye pas à la caisse, on va le payer (ou pire d'autres vont le payer pour nous) 10 fois plus cher par ailleurs !

Voilà juste pour noter ces doubles tranchants auxquels on ne pense pas forcément de suite, sur des idées qui sont pourtant brillantes et intéressantes.

Linette_sortezdevosconapts 01/02/2016 13:45

Et juste une toute dernière chose (décidément, ton commentaire me travaille lol !)
accepter son niveau de vie ne veut en aucun cas dire se résigner.
ce n'est pas du tout ça que je dis.
accepter son niveau de vie, permet de libérer de l'énergie pour trouver des solutions concrètes aux problèmes que posent ledit niveau de vie. Parce que je sais et je suis parfaitement consciente qu'en deçà d'un certain seuil, de fait il pose problème. je ne suis pas en train de dire qu'on pourrait vivre d'amour et d'eau fraiche !
simplement, si on accepte pas son niveau de vie, c'est un boulet qui nous en rend la victime et que l'on subit toute sa vie.
si on l'accepte, on coupe la chaine et on devient d'un coup plus libre de chercher, d'innover....et bien souvent, le niveau de vie s'améliore. Soit dans sa perception, soit (et souvent) dans les faits.

c'est un peu comme les émotions. accepter ses émotions ne veut pas dire les subir toute sa vie, c'est précisément l'inverse.
accepter de la colère, c'est justement le gage qu'elle ne nous empêche pas d'avancer. et bien souvent, cette colère s'envole.
c'est la même chose. accepter les émotions négatives qui entourent notre niveau de vie (colère, envie, injustice) permet de s'en affranchir et que ces émotions ne soient pas un frein pour agir pour améliorer les choses. Je pars du principe que le système ne veut pas notre bien, en soi, même si en France on est pas les plus mal lotis. Mais personne ne va nous apprendre à gérer sainement notre budget, personne ne va nous indiquer comment économiser tout en se nourrissant sainement et en préservant la planète. Le système nous dit au contraire qu'il faut consommer pour être heureux, donc gagner de l'argent, toujours plus d'ailleurs. Là, il s'agit vraiment de devenir acteur de tout ça. Acteur, là où le modèle social nous incite (et nous apprend) justement à être spectateur, soumis, résigné, sans pouvoir, sans décision.
Et voilà, dans ce contexte, j'attire l'attention sur le fait que l'argent (même s'il y a un minimum nécessaire dans notre société, of course !) n'est pas le seul critère qui entre en ligne de compte. Et qu'il existe plein de façons d'améliorer sa vie en passant par des réseaux alternatifs d'entraide.

Comme tu vois, vraiment on est trèèèèèès loin de la résignation.

Linette_sortezdevosconapts 01/02/2016 11:23

Par ailleurs Yal, concernant la répartition des richesses etc.
honnêtement. ça ne va pas changer, pas tout de suite. La majorité des gens sont encore trop pris dans le discours dominant qui présente toute alternative dans ce domaine comme entrainant un chaos indescriptible.

donc le salut vient ailleurs. laissons les s'amuser avec leurs richesses. arrêtons de penser qu'il faut devenir riche. et créons des espaces où la logique est différente. cela existe dans plein d'endroits. grâce à de la monnaie locale, avec laquelle précisément il n'y a aucun intérêt à devenir riche, juste celui que la monnaie circule. grâce à plein d'initiatives citoyennes.
et contrairement à ce que tu écris, la sobriété heureuse n'est pas la résignation. c'est le contournement. non je n'accepte pas le système. mais au lieu de râler et de me révolter contre l'ordre établi de manière stérile, bin, je travaille à en créer un autre. Je prépare le terrain pour mes enfants.
et très clairement dans ce but, et c'est le rôle de toutes les asso sur le terrain (ou des groupes comme celui qu'on administre avec Mary) c'est de faire prendre conscience aux gens, à "la masse" de gens, toi, moi, les plus pauvres, que ce sont EUX qui ont le pouvoir contrairement à ce qu'on veut leur faire croire. ils ont le pouvoir de faire capoter ce système, pour peu qu'ils s'en rendent compte, ils ont le pouvoir d'en créer un nouveau.

quant à la sobriété heureuse qui serait une arme culpabilisante pour dire "arrêtez de râler, vous pouvez être heureux avec rien du tout", ça m'a fait sourire :p. Les riches ne sont riches que parce que les pauvres consomment et travaillent dans les usines qui fabriquent ces objets, au service des riches.
Non, ni les politiques, ni les riches n'ont intérêt à ce que les pauvres (en masse, j'entends), découvrent qu'ils peuvent être heureux avec peu : parce que ça sonnerait la fin de leurs milliards de poules aux oeufs d'or. Pire, tu imagines si les pauvres savaient tellement bien gérer leur budget qu'ils pourraient se passer des révolvings et des crédits à la conso????? impensable, il faut les maintenir bien implantés dans le paradigme de croissance infinie. Paradigme qui est en train de tuer la planète, et nous avec.
En revanche, si cela arrivait, cet éveil de masse, cela serait salutaire pour la planète, pour les animaux, et pour les générations futures. c'EST crucial que cela arrive.

Sur ce, je te souhaite une bonne journée ! Et je te remercie (pour de vrai hein, lol !) pour tes remarques qui permettent de préciser et faire avancer les choses.

Linette_sortezdevosconapts 01/02/2016 11:11

YaL, concernant la question des plus pauvres, c'est exactement pourquoi j'ai précisé quand j'ai abordé la question du bonheur dans la simplicité que je m'adressais aux personnes appartenant à ce qu'on appelle la classe moyenne, étant bien consciente que les problématiques des classes les plus pauvres sont fort différentes. ;)

Par ailleurs, pour la question alimentaire, l'objectif ici est bien, et a toujours été, d'apprendre à concilier le fait de manger sain et de la nourriture de qualité pour un petit budget.
j'y tiens. parce que je l'ai vécu, et croire qu'il FAUT dépenser de l'argent pour avoir de la nourriture de qualité est ce qui fait que les plus pauvres n'ont pas accès à autre chose que la sous-nourriture. Je me bats pour apprendre à tous comment faire, alors si, je maintiens, avoir un petit budget n'est pas synonyme d'étouffement du budget ou de sous nourriture au contraire.
Je rencontre tous les jours des gens qui ont à peine de quoi vivre mais qui dépensent des fortunes, comparés à leur budget, en nourriture, pour atteindre le sacro saint standard culturel. c'est vraiment rageant.
Toute nourriture ne s'achète pas. il existe de nombreux réseaux d'entraide, des potagers partagés, les incroyables comestibles, le glanage, le freeganisme, et justement mon mari monte un projet en association avec notre commune pour donner accès aux plus pauvres à de la nourriture (fruits et légumes) gratuite ET BIO (sans certificat, juste de la permaculture sans aucune substance toxique, aller au plus simple et au plus sain).
Pour les plus pauvres, la réalité actuelle, la triste réalité, c'est qu'ils payent la nourriture en caisse, ET comme cette nourriture est bourrée de pesticides et d'additifs, ils auront double peine (sans parler des conséquences sur l'environnement de cette nourriture fabriquée au détriment des sols, suremballée dans des emballages polluants, et des conséquences sur les autres terriens que sont les producteurs qui ne vivent pas de la production de cette nourriture au rabais)
Triple même, car moins bonne couverture sociale en cas de soucis de santé. C'est précisément ce contre quoi je me bats, ici, sur le groupe, dans la vraie vie. et vraiment, j'y tiens. consommer différemment pour pouvoir accéder à une nourriture de qualité. cela n'a absolument rien à voir avec baisser le prix à tout prix quitte à bouffer de la merde ou finir malnutri. c'est même exactement l'inverse !!

Enfin concernant la récupération, jamais on ne pourra empêcher quelqu'un qui souhaite récupérer des propos ou des idées de le faire. Le tout est de comprendre le mécanisme de cette récupération :)
mais à chaque fois que je serai au courant d'une telle chose, à chaque fois je remettrai les points sur les i, mais jamais je n'abandonnerai une idée sous prétexte qu'elle peut être récupérée par une idéologie que je réprouve.
La droite et l'extrême droite sont populistes. C'est le propre de ces mouvements de prélever des idées et de les retourner à leur avantage.... ça ne me fait pas peur.

fedora 01/02/2016 07:08

J'adhère !!!
De plus loin que je me souvienne, j'ai toujours fais mes comptes (dans ma vie d'adulte) et j'ai toujours vu ma maman faire les comptes aussi... cela permet de savoir comment on vit et commun on peut vivre... limite à partir de là, je n'ai plus besoin de budgétiser tel ou tel poste car en un coup d'oeil, je sais ce que j'ai dépenser sur l'année... Depuis que je fais tout ça dansun tableau excel c'est encore plus parlant... belle semaine et merci pour ces conseils

emilie 31/01/2016 18:53

Bonjour
Ici on va bientôt être dans cette situation perdre une partie du salaire de mon mari et oui après 36 ans de bon et loyaux service il risque d'être licencié.
Ben bizarrement je suis assez seraine. ...
Et trouve plein de point positif...bizarre ...bon il faut dire qu'on y est pas encore non plus ....
Mais du coup j'anticipe pas mal de choses réduction du budget alimentation qui était énorme... et du coup on mange mieux pour moins chers alors que vouloir de mieux ☺...
Bon il reste des progrès a faire ....
Et hop défi du mois en avant

Cyan 31/01/2016 17:55

Merci pour ce billet plein de bon sens et d'optimisme!

Marina 31/01/2016 17:15

Bravo pour ce défi, pour ce billet et pour sa conclusion ! J'adhère complètement : après mon surmenage l'année dernière, on a décidé que je passerai à mi-temps, justement parce qu'on connaissait notre budget sur le bout des doigts et on savait ce qu'on allait gagner...
Et sinon, je plussoie "le mieux est l'ennemi du bien" : n'hésitez pas même à faire des catégories "Maison" au lieu de "bricolage" + "jardin" + "déco"."... simplifiez ! "Habillement" + "Chaussures" + "coiffeur" + "cosmétiques"... non, directement "Esthétique & habillement" ;) Et séparez votre budget en deux : d'un côté les dépenses vitales (loyer, alimentation) et de l'autres les dépenses "accessoires" (les loisirs ;) )

Linette_sortezdevosconapts 31/01/2016 17:18

Merci Marina ! j'éditerai pour intégrer tes conseils !