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les choses changent...

"Les problèmes attirent les problèmes,
les solutions attirent les solutions".
 
En vertu de cette phrase si juste, et en dépit du fait qu'il reste plein de choses à faire dans ce monde et ici même en France, je vous propose aujourd'hui, l'espace du temps que vous prendra la lecture ce cet article, de voir le verre sous l'angle : "à moitié plein". Pour se booster et laisser circuler de l'énergie positive.
les choses changent...
L'autre jour, à la caisse d'un magasin, le temps pour moi de courir chercher un article à 1m50 de ladite caisse, un homme me passe devant. Bon. On est samedi, je ne suis pas pressée, je laisse tomber d'avance mais volontairement je ne décale pas mes articles histoire que ça le gêne un peu (quand même, haha).
L'homme cause avec le caissier, cause, cause, range ses achats, cause, paye, cause encore. On attend mais on est toujours pas super pressés donc bon.
A un moment, il se tourne vers moi et me dit "ha mais je suis peut être passé devant vous?" Je lui répond que oui mais que c'est pas grave, je suis pas pressée. Il poursuit "ha oui et en plus, moi, je parle, je parle comme une bonne femme".
Et la dame derrière moi, de dire en rigolant "ha oui, pire qu'une bonne femme!".
#sexismeordinairebonjour.
Alors, je mets le sourire le plus angélique sur mon visage, et je réponds à l'homme trèèès aimablement (pour de vrai hein !) : "oui enfin, je ne suis pas vraiment sure qu'on puisse définir les femmes par le fait qu'elles parleraient beaucoup, non?"
L'homme est soudain gêné, il bafouille, c'est pas ce qu'il voulait dire.... Il me regarde et me dit mi-figue mi-raisin (voyant que tout le monde le regarde et qu'en plus il est entouré de femmes qui observent sa réaction) : "je vais me faire lyncher, là? ". Je pense que la réponse attendue était "mais noon c'est pas grave, je rigolais...excusez moi !"
Mais au lieu de ça, je lui ai répondu sur le ton de l'humour : "je ne sais pas.... peut être?" - toujours avec mon sourire angélique et ma voix toute douce et paisible.
Il rigole toujours : "je crois qu'il est temps que je parte" et la dame derrière lui répond, toujours en rigolant : "je crois, oui !". Tout le monde s'esclaffe, on se souhaite bonne fin de journée, la vie continue.

Sortie de là, j'aurais pu me dire "ma qué, quel connard !!!!" et pour être honnête, c'est ce que je me suis dit. Mais j'ai réfléchi. Cet homme n'a pas campé sur ses positions, et même s'il a cherché à faire diversion (il se tapait quand même l'affiche !), il n'a pas non plus cherché à minimiser la portée de ses propos d'un condescendant "ya plus grave dans la vie des femmes !" ou tout autre propos destinés à montrer que le problème n'existerait que dans la tête de certaines extrêmistes complètement allumées.
Bé oui, après tout, c'est pas grave de dire que les femmes parlent beaucoup, ce n'est qu'une expression vide de sens, c'est gentillet, ça ne porte pas à conséquence ... Sauf qu'en réalité ça n'est pas si anodin que ça, et que cette pratique sert parfois de support à des idéologies vraiment vraiment pas chouettes, avec plein de sens nauséabond et des conséquences très concrètes.  
Je me rappellerai toute ma vie du jour où, étudiante, dans un amphi, je dis à mon voisin (que je connaissais !) : "j'en ai marre de ce cours, je vais me barrer en feuj".
Je ne suis pas raciste ! (tout comme l'homme de la caisse n'était peut être pas misogyne !)
Oui, je savais bien que "feuj" était le verlan de "juif", mais pour moi, c'était "juste" une expression, une manière de dire que j'allais m'éclipser sans qu'on me voie (tout comme l'homme de la caisse voulait simplement dire qu'il avait trop parlé, et non que les femmes étaient soulantes), loin de moi l'idée d'attribuer à la population juive dans son ensemble une caractéristique  négative particulière !
Mais le copain d'à côté me regarde et me dit "tu as conscience que "en feuj", ça veut dire "en juif" ? et que c'est une expression insultante? Et qu'en sais-tu que moi, je ne suis pas juif? et que peut être, je me sens insulté par cette expression?"
Ce n'était pas dit avec agressivité. Il souriait. (tout comme je n'ai pas été une seule seconde agressive avec l'homme de la caisse).
 
Mais je ne l'ai jamais oublié. C'est vraiment ce jour là que j'ai pris conscience du poids des mots que nous utilisons dans le langage courant.
les choses changent...
Alors le voilà, notre verre à moitié plein : les choses changent. Le sexisme ordinaire est de plus en plus identifié, et les femmes, de plus en plus, osent tacler gentiment (ou moins gentiment, mais moi je suis partisane de le faire avec humour) les hommes, collègues de travail, amis, famille ou inconnus, pour les faire réfléchir au sens profond des mots qu'ils utilisent et aux conséquences sociétales que ça implique. La réaction gênée de l'homme montre qu'il est sur le chemin. Qu'il a identifié que ces propos avaient quelque chose de plus en plus décalé dans une société qui avance sur le chemin de l'équité entre les femmes et les hommes. Il sait, et je pense que comme moi sur les bancs de la fac, il n'oubliera pas vraiment cette discussion, même si elle n'a été à aucun moment, dans les faits, agressive ou tendue.
 
Amener les êtres humains modernes à réfléchir sur le sens et la portée des mots, de manière humoristique et pacifiste, ça se fait. Et même des fois, ça marche. Sans heurts et sans combat épuisant, ça marche.
les choses changent...
Car les choses changent.

J'en ai des exemples vraiment très concrets à mon boulot ! Ainsi, l'autre jour, l'ensemble des agents ont reçu un mail employant l'écriture inclusive, écrit par le responsable juridique, qui est un homme. En tant que femme, je n'ai pas eu l'impression d'avoir à me battre pour que cela arrive, ni à le demander, ni que cette initiative rencontre de l'ironie auprès des 400 destinataires de tout âge, sexe et genre.

De plus en plus de collègue masculins organisent leur temps de travail en fonction de leurs contraintes familiales : décliner une réunion importante pour raison de rentée scolaire, prévenir d'un retard à une réunion exceptionnel du fait de l'horaire incompatible avec celui de l'école, aller chercher les enfants régulièrement chez la nounou et le prévoir clairement et fermement dans son emploi du temps, ou encore choisir de ne pas briguer un emploi chronophage par envie de voir grandir les enfants et participer activement à leur éducation.

Mon boss a fait énormément ces dernières années pour porter la parité dans notre établissement  : au conseil d'administration, dans les postes à responsabilité, dans les supports de communication, pour les distinctions honorifiques, et même auprès des étudiants : le jour où il a découvert que la couverture plaquette d'accueil des nouveaux étudiants (conçue par et pour les étudiants) était un dessin "anodin" mais en réalité rempli de sexisme ordinaire dans la représentation qu'il donnait à voir des femmes, il est descendu sur les chaines d'inscription, a arraché la couverture de l'exemplaire du haut de la pile et a dit à l'étudiante qui le distribuait "je reviens dans une heure, toutes les couvertures seront arrachées".
Et pourtant, lui-même je pense n'est pas spécialement féministe stricto sensu, il le fait parce qu'il estime que le monde du travail doit se moderniser et prendre en compte la juste place de chacun dans notre société

les choses changent...

Alors oui, je sais, tout n'est pas encore gagné et loin de là et il ne s'agit pas pour moi de dire que le temps est venu de rendre les armes ou que l'on devrait s'estimer heureuses (sous-entendu : et fermer notre bouche). Mais des fois, ça fait du bien de se prêter à l'exercice du verre à moitié plein, ça porte au lieu d'enfoncer



Alors, quel est votre verre à moitié plein
concernant les discriminations auxquelles vous êtes le plus sensibilisé(e)?

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emilie 08/11/2016 17:06

Bonjour!
Je suis commerçante et la petite phrase "je parle comme une femme" m'a bien fait sourire ! Oui, il y a des femmes qui parlent devant ma boulangerie, mais venez voir un peu le dimanche matin quand ces messieurs font leur sortie ! C'est eux qui parlent pendant des heures (ou au moins un bon quart d'heure minimum!!) devant la boutique... et après, c'est les femmes qui ont cette réputation ! En fait, c'est juste que les femmes "parlent plus" parce qu'en général ce sont elles qui font le plus souvent les courses (là, c'est pas du sexisme, juste une grosse constatation... )...

florence@homegreenhome.fr 08/11/2016 15:11

Hello, ton article m'interpelle car j'avais trouvé que les Islandaises avec leur grève massive avaient très fortes. Et je suis très contente de voir que ma fille, très fifille au demeurant, veut devenir astronaute, volcanologue, océanographe... et quand elle me demande si c'est possible, je lui réponds que "oui, si tu bosses bien dans ce but". Elle n'a pas encore compris qu'il existait de discrimination et n'en fait pas. Ses camarades d'école (à quelques exceptions près) sont pareils et c'est une école bien mixée socialement. Je trouve ça génial de les voir évoluer et c'est une belle leçon de vie.
A très vite!

Lili 07/11/2016 14:42

Je vais essayer de garder le sourire mercredi, lorsque je ferai remarquer à la prof d'éveil musical qu'elle ne fait de remarques négatives qu'à ma fille. Les garçons du groupe ont le droit de faire tout ce que ma fille ne peut pas faire... En fait, je pense même arrêter cette activité. Je ne paye pas pour voir ma fille se faire écraser juste parce qu'elle n'est pas un garçon.
En abordant la quarantaine, je commence à réaliser l'ampleur du phénomène, à quel point j'ai été imbibée de cette culture de la gentille fifille qui ne fait jamais de mal aux autres. Je crois que je serai une vieille dame qui n'aura pas la langue dans sa poche.