Du refus du tri sélectif à l'achat d'une voiture propre...

Publié le par schnappy

Comment passe-t-on du refus du tri sélectif à l'achat d'une voiture propre en 6 ans?
 
Vous me direz, 6 ans, c'est long, mais c'est déjà ça.
 
Mes parents n'étaient pas écolos. Ca ne fait pas vraiment partie de mon éducation. Mais en revanche ils m'ont appris à ne pas être dans la surconsommation : très peu de marques à la maison, ils fuyaient les très grandes surfaces, pas de télé non plus, surtout pas de pub. On me disait : "Tas pas la télé? T'as le tout à l'égout au moins?".
Bref. Même si c'était pas évident tout les jours d'être étiquetée comme différente, même si, j'adorais aller voir la télé en cachette chez les cops, même si dès que j'ai pu, j'ai eu la télé, je me suis gavée de films et séries nulles, quand je suis allée faire mes courses en hyper, acheter des marques, je me suis fixé tout de mêmes certaines règles. Du genre : ne consommer que ce que j'ai besoin, n'avoir que ce que je peux acheter, ne pas être envieuse de ce que je ne peux pas avoir faute d'argent, ou alors me donner les moyens pour l'obtenir (et pas par le crédit, autant que possible). Règles, je précise, respectées dans leur ensemble, avec quelques gros écarts tout de même. 

Et c'est aussi sans doute grâce à leur éducation, combinée certainement à ma formation professionnelle, qu'au bout de 27 ans j'ai réussi à prendre suffisamment de recul pour progressivement modifier mon mode de consommation. Je n'arrête pas de consommer, je consomme seulement désormais un poil plus intelligeamment. Enfin j'espère.

Il y a encore 6 ans, quand le tri sélectif est arrivé dans mon quartier, je me rappelle, j'habitais au 4e sans ascenseur et je disais : "S'ils veulent qu'on trie, il faut qu'ils nous en donnent les moyens. Ma cuisine est trop petite, je n'ai pas la place pour deux poubelles. Et puis ils n'ont qu'à créer des emplois pour trier!"
A cette époque aussi, je me rappelle, on passait avec mon zhom des heures au rayon gel douche de notre grande surface préférée hyper bien achalandée, pour choisir quel parfum et quelle marque on voulait. J'avais un gel douche pour les jours où j'étais pas réveillée, un pour ceux où je voulais de la douceur, un shampooing si je voulais les cheveux frisés, un s'il y avait du soleil, un réparateur. Quant aux gens qui disaient qu'ils roulaient moins vite pour consommer moins de carburant, à cette époque où le litre était beaucoup, beaucoup moins cher, je les traitais intérieurement de vieux cons. Eh oui, il fallait que ça aille vite, que ce soit nerveux, tout ça!
Ha oui et pour les légumes bios, pour moi c'était des counasseries, tout ça. Et de toutes façons, je ne pouvais pas imaginer renoncer à mes tomates , courgettes, poivrons en hiver!

Et puis, un jour où j'avais la peau toute naze, je me suis aperçue que je mettais des produits pas très sains sur ma peau et que probablement ça n'arrangeait pas les choses. J'ai découvert après recherches que mes produits étaient certes non comédogènes (quoique pour certain ce n'était même pas le cas), mais que par contre, ils contenaient des substances irritantes !!! Bref. Je me suis alors tournée vers le maquillage minéral, puis vers les cosmétiques maison ou naturels où on sait au moins ce qu'il y a dedans. Exit shampooings, après shampooings, gels douches multiples, déos, démaquillants et autres industrialités... et alors là je me suis aperçue que ça me faisait faire une sacrée économie.

Et comme le monde est petit, je suis tombée sur le blog de Raffa. Et je me suis mis une idée farfelue en tête, faire moi même la plupart de mes produits ménagers. Pas tant parce que c'était mieux pour l'écologie, mais d'une part, parce que j'en avais assez d'être exposée perpétuellement à des produits dangereux et irritants (après une bonne réaction à un anticalcaire), et surtout, parce que c'était beaucoup, beaucoup moins cher, il faut bien l'avouer. Exit donc désinfectants multiZusages, produits pour sol, anticalcaires, déboucheurs chimiques, lessives... là encore, une sacrée économie.  

Enfin, la nourriture. Je me rappelle très bien ce qui m'a motivée à manger des légumes bios, et par extension, une nourriture produite plus sainement : le sccandale des centaines de produits chimiques retrouvés dans la peau d'une pomme. Et aussi l'étude qui montrait que les enfants d'agriculteurs qui consommaient pourtant les fruits de la récolte de leurs parents (donc 5 fruits et légumes par jour, donc bien plus que la moyenne des enfants ) avaient aussi, il me semble me rappeler, un taux de leucémie  plus élevé. On a donc essayé les paniers bios, Et là, ça a encore une fois été une petite révolution de notre consommation : avant on se disait : de quoi a-t-on envie? Et on achetait en conséquence (mais pas de plats cuisinés toutefois, j'ai toujours tout fait moi même). Avec les paniers, la démarche est inverse, on se dit : qu'est ce que je peux faire de nouveau avec les légumes qui sont dans mon panier? C'est tout à fait différent. C'est très créatif. Et ça n'empêche pas un bon vieux Quitch et ses QickLuxPotatoes de temps en temps. 

...Et depuis tout récemment, on roule en véhicule hybride. Ca vaut cher, me direz vous ! Eh bien... en fait, non. On ne pouvait pas avoir un budget voiture plus élevé, je suis au chomage! Il a fallu nous dérouiller pour que ce nouveau véhicule ajouté à un des 2 anciens qu'il nous fallait tout de même garder n'excède pas les frais occasionnés par les 2 anciens réunis.
Mission accomplite !  
Pour le prix en lui même, c'était une aubaine, il faut le reconnaitre. Et surtout mon zhom a négocié comme un chef, idem pour l'assurance, (moins chère que pour nos précédents véhicules vieux et polluants) et pour le prêt (certaines banques font des TEG deux fois moins élevés pour les véhicules propres).  Résultat, pour le même budget on roule maintenant avec un véhicule neuf et propre. 

Enfin voilà. De fil en aiguille et sas avoir modifié mon confort de vie, j'en suis arrivée à avoir un comportement de consommation 100 fois plus responsable qu'avant, même s'il est très loin d'être parfait. Je ne vis cependant pas dans une hutte. A première vue les gens ne peuvent pas deviner tout ça. J'ai le même confort de vie qu'eux, télé, ordi, sèche linge, que sais-je encore : j'ai ce qui me semble indispensable à mon quotidien mais aussi à mon épanouissement personnel.  C'est bien la preuve que ça ne coûte pas plus cher, mais aussi que ça n'est pas plus compliqué, de consommer de manière un peu plus réflléchie. Il y a plein de motivations qui amènent à ça : l'environnement, bien sûr, mais aussi le refus de l'aliénation marketting aveugle. Il me semble aussi que la motivation financière n'est pas honteuse non plus. Le plus compliqué finalement, ce n'est pas le côté financier, ça ne coûte pas plus cher, ni le côté organisationnel, ça ne me prend pas plus de temps de fabriquer mes produits que de courir les supermarchés.

...Le plus compliqué, et je parle en connaissance de cause, c'est d'être un enfant de la consommation et néanmoins devoir se détacher de la peur de manquer et aussi de la possibilité d'avoir tout (et parfois même n'importe quoi), tout de suite. 

Publié dans Du bla bla!

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FIONA 22/03/2016 22:24

Très belle article.